Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/03/2017

Mars, l'extrapolation

Au choix  : les portulans lacunaires ou la ciguë.

 

 

Mars, c'est la fin de l'histoire d'une conquête immobile,
d'une méprise comique, l'illusoire connaissance
d'un décor arrêté jouant au silence avec la mort.

 
 
 
En mars plus que jamais
ne rien avoir
et se défaire encore,
c'est le seul moyen de percevoir
le déferlement autour de soi.
N'avoir rien (nous, ici, n'avoir rien !)
excepté faim et soif, ou d'une antique bonne nouvelle.
Alors seulement, recommencer ;
pour ceux qui savent encore pratiquer
à la lettre
aussi bien que par l'esprit
ainsi qu'une nonne,
qu'un sapeur
ou un bûcheron,
le bras-le-corps, la blessure, la boucle d'un sommeil qui s'ouvre.

 
 
 
 
Mars, il faut entendre à chaque pas
la chute libre d'une masse,
sa syllabe qui se fend au sol d'un coup sec
libérant un brusque déferlement de sève.

 
 
 
 
Mars, le ciel
changeant à grand frais ses draps bleus en crachin
sur des murs de grisaille puis en noir bleuissant.
Mars, son ciel d'auberge propre
a des voussures dans les nuages
qui abritent les soudards et les vestales
veillant à la levée d'écrou des sortilèges.
[Parfum de mars : l'eau fraîche des dernières violettes est jetée dans des flaques d'oranger, celles qui se cachent sous la palme des fougères naissantes des sous-bois dangereux.]
 
 
 
 
Manquer à périr
étouffé sous la munificence des sortilèges de mars.
[Pressé par quelle urgence ?]
Mille tableaux tous les jours déchirés,
des successions de scandales naturels dont on ne savait rien ;
des graphies végétales miraculeuses, et au soir, perdues ;
les chatons noyés dans les flots, les rives arrachées ;
les mucilages sensuels, les épines fauves,
les traces fraîches au sortir des terriers,
une profusion de perles sur les branches fleuries
et aussitôt écrasées, font un parfum de miel et d'hymen
saturant l'air jusqu'au vertige.
Partout la verdure est giclée
à l'assaut d'un monde qui veut être sauvé.
 

 

 

 

 
Chronique des jours-échelle