02.02.2010

Le petit voyage aux pommes

Le périple avait été soigneusement préparé grâce aux cartes les plus détaillées de la région. Collées un temps bord à bord, elles firent une longue traîne de papier à travers la pièce où nous passions en géant sur la terre blanche parcourue de vaisseaux colorés. Une grosse veine bleue attirait le regard, nous couchait là amoureux à ses flancs, les doigts mêlés fouillant la source imaginée des deux sources, les futures endormies. Le périple avait été appris, c'est à dire que nous avions appris les noms, l'on partit. Nous étions sur le quai, le premier nom à atteindre était à 25 km, il était déjà tard.
Je veux l'air du soir ce soir-là, la conscience émue de tous les chagrins et toutes les joies dans l'air soufflant ici doucement.
Je me souviens de cette première nuit après les quelques kilomètres fébriles dans le jour, à toquer aux portes des maisons pour trouver un accueil qui ne fut pas inquiet. Dans la nuit offerte, nous rouvrions discrètement les volets pour ne pas manquer les lueurs de l'aube afin de repartir sans peser à nos hôtes et retrouver notre liberté. Il faisait bien froid pour manger des pommes en solitaires sur les petites routes des tout petits matins alors nous marchions vite sans parler, sauf pointer du doigt et dire. Sur les nappes de rosée on essuyait nos mains du sucre des pommes. Accumuler les longues pauses, il ne s'agissait pas d'arriver quelque part (parfois traverser et refaire le chemin en sens inverse sur l'autre rive, pour voir.) Siestes dans les champs, siestes au talus ; les petits réveils incorfortables, étrangers à nous-mêmes à l'abri des arbres aux silhouettes familières.
Je voulais remonter vers là-bas, aux deux sources, se coucher à écouter le bruit de l'eau, c'est tout.
Chaque éclat entrevu était digne de nous faire faire un important écart sur le chemin, mais le souvenir de la carte s'estompait alors nous les cherchions, trouvions des impasses qui menaient en à-pic, revenions en arrière, perdions du temps encore, nous le reprochant, tâtions de la rage des êtres perdus sans recours, mais à peine, à peine perdus. Perdus dans des bois transparents, heureux de quelques centimètres de mousse sèche où se déshabiller. Les flancs chauds à rire et à chercher un temps le son nouveau de ce lit ouvert.
Le petit voyage aux pommes, le voyage de rien du tout.

01.02.2010

Dieux gart

Codex Chantilly, Dieux gart, En nul estat
Gjallarhorn, Suvetar, Lille Dansa...
Laïs, De wereld vergaat, 't Smidje
Mihály vig, Valushka
Wig A wag, Avel conlie, Son ar Sklav
Zamballarana, E Donne d'ava, Luna dona

 

 
Chronique des jours-échelle