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18/11/2016

De terre

Détourner 

Il faut peut-être en ces temps conspirer
au désir du monde, marcher tout le jour,
être muets longtemps dans les jardins,
ne cueillir que demain, manger le pain d’hier
et dire le nom de la menthe si rafraîchissante.

 

 

 

 

J’aime les soirs quand la terre est retournée à cru,
grossière et gorgée de l’or du soleil qui se couche
dans son lit brun d’oreillers et de couvertures.
J’éprouve alors comme un grand rire.
Mais en larme à la première fraîcheur
quand les suavités de la terre deviennent intérieures,
empruntant leurs images à la glaise et à la sauvagine.
C’est la pensée de la fourrure et des belles couvertures,
quand le délire sensuel tend une main aveugle, au soir triste.
[Mais Rimbaud revenez plutôt voir et dire, qu’est-ce cela ?]
Ou peut-être un délire pour mineur aurifère supputant le magot,
les doigts jaunes, prêtant un intérêt angélique
aux propriétés voisines des cyanures et du mercure,
et disant : je vous en payerai moi des fourrures avec ça !

[Horrifiée]
Couchons-nous là, féroces de nos rêves, au réveil qui verra midi ?

 

 

 

 

Au long temps sans bouger,
à attendre —
compagne de terre.
Mousse commune, lichen à particules, lierre ardent, violette.
À choisir, je mangerai celle-ci (ce qui fut fait).