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26/04/2017

Avril, quelque part entre ciel et lièvres


Avril, toujours le même chemin,
on se lance avec un vent froid 
vers l'aimant solaire en suivant
les signes nouveaux de l'équilibre
dans le royaume fragile 
d'une journée de marche.
 
 
 


Avril, il faut se mettre nu
pour apprendre à nouveau
dans sa vigoureuse forge de glace 
et l'avidité de celle de son feu.
Trempé entre les brûlures 
d'une coulée d'airain à fleur de peau
et le tombant de marbre des montagnes,
lame paradoxale devenu ;
 
pleinement éveillé et reconnaissant.

 
 
 
 
Avril est un grand lac froncé de verdure, 
noyant si brusquement le pays dénudé
que certains semblent chercher à fuir 
du regard dans le ciel immense,
fuir les fruits acides de la conscience,
sa lame acquise au sens comme
le poids de l'abondance et la jouissance crue,
tout ce dont la mémoire crève la surface 
à l'instant où leur regard se pose 
à la pointe du jour sur le grand lac d'avril.
 
 
 
 
 
Festin de paille sur la table des terres
afin de se protéger des feux d'avril.
Mais parfois, à midi, après le gel,
on regarde tomber sans rien dire 
les tous petits fruits mangés de noir.
 
 
 
 

Le grésil crépite sur le sucre des acacias,
un simple appétit de rose m'émeut.
[parfum d'avril : croquer dans des cocons de glace pour libérer l'ozone des lilas, des touches de cédrat blanc comme des étincelles dans un cœur balsamique, et le santal qui monte, tel un ruban soyeux de pensée continue.]
 
 
 


Avril, ses nuits, troubles envers et labyrinthes sous la lune, 
glauques et purs à embrasser le vide devant soi ;
gravitant jusque là en doux froissements autour du silence
et qui, très longuement, 
se laisse percer d'un seul chant.
 
Quand tout semble dormir, y veiller.
 
 
 


Avril, début des parades amoureuses.
Les halliers, les forêts,
tous les feuillus d'étoffe épaisse 
sont disposés en territoires 
de fins lignages qui se frôlent,
subtils courants ordonnant les clans.
 
 
 
 
 
Flairant fauve le grand chemin,
l’œil éclairé par l'ordre naturel,
j'ai vu par trois fois le lièvre 
sagement assis au pré.
Il regardait la colline, un nuage.
 
Être de la splendeur du partage du vivant, ou n'être plus rien.

10/04/2017

Silhouettes V

S.


Elle croquait des noisettes, à son doigt une opale.
Voilà le souvenir, l’épingle à ma mémoire
d’où s’écoule un acier aux vertus de cordial :
son rire, comme sa phrase sans défaut,
étaient semés vivants
de silences divinatoires.

 

 

 

Élisabeth


Élisabeth traverse les miroirs.
C'est visible dans sa démarche, la tête haute
et l’œil éclatant. Sabre au clair féminin
dans vos regards appauvris de piété commerçante.

 

 

 

Veillée rose


Ah cette aurore... je me souviens,
j'avais attendu des heures
la faveur de sa visite, puis son aumône, puis rien.
Mon cœur à modeler
était comme pendu
tout dégouttant de sang ;
mais la charpente était de cathédrale.

 

 

 

La toute petite sœur de J.


Nous sommes au-delà d'un cœur
qui en a fini de rouler jusqu'en bas
de la pente aux mille morts et de ses ronces.
Sortie décostumée. Elle est maintenant
d'une fraîcheur de louve ayant trouvé les arcanes ;
dans ceux du piège à petite-fille qui enserrait son esprit.

 

La toute petite sœur de J. II


Un jour de grand désarroi, j'ai fermé les livres.
Ils disaient pourquoi, ils disaient parce que,
sans raisons, jacqueries, rebellions, débauches.

Ma sœur, ma sœur, est-ce vivre, recluse ?
J'ai l'amour de Dieu pour mes soifs et pour mes faims,
c'est mon bien me dit-elle. Et toi ma sœur, comment vis-tu ?
J'ai des mots, le silence
et des pommes allumées,
j'en nourris le divin qui s'y entend.

 

 

 

Repaire


Ils se retrouvent la nuit,
dans l'herbe sous les chênes.
Leur domaine est dans la nuit,
entre le doux effort à tâtons et la chaleur des souffles,
l’extra-lucidité.

 

 

 

Enfants


Normalement l'âge taille dans les enfantillages
mais elle obtint cicatrices apposées dans leurs paumes,
le serment enseigné comme une grâce.