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24/06/2017

Juin, jusques aux portes

Juin, la terre qui est riche de lectures
est devenue illisible,
enfouie sous une épaisse marée d’herbes hautes
où même parée de privilèges je ne suis plus
que la sente têtue de la trace animale,
je suis menée
comme au premier jour
comme une novice
sur un petit chemin plein de mystères
et de pourquoi.

 

 

 

 

Juin,
le précieux n’est pas toujours minuscule.
On fane à perte de vue —
pour l’amour des bêtes
— et l’honneur d’un paysan au centre du paysage —
dans l’effort, l’obstination de ce qui doit être tandis que
les aigrettes parsèment de blanc en blanc le champ gris-vert —
— où sèche l’herbe. Tout se retrouve
dans un regard de franche dilection.

 

 

 

 

 

Juin le soir, dans les tombants vertigineux
de parfum de miel et de verdure des tilleuls qui s’imposent,
l’esprit cède à l’hypnose passagère.
Que tout disparaisse ou que je sois lépreuse
— pendant un moment j’ai su.

 

 

 

 

 

Juin des ondées,
celles des pluies ou des champs mûrissants
qui frissonnent ; celles d’une eau dormante
ondée d’un doigt ému, les charmes aussi
dont l’ombre abrite nos longues promenades,
celles en creux de muet et en ondes bavardes.
[parfum de juin : l’infusion de pétales de rose dans les menthes donne une eau légère à la pierre-à-faux, c’est une cascade résinée où trempent les fibres du bois de réglisse pour lier la flouve.]

 

 

 

 

 

 

 

En juin
chaque regard ajoute une étincelle
à la clepsydre atomique du sensible,
chaque pas suit la trajectoire incorrigible
d’une cosmogonie de lenteurs sensuelles.
Juin plus que tout est un état d’esprit,
quand nous parcourons notre monde
jusques aux portes du soleil.

 

 

 

 


Il y a une dénature de juin
par quelques jours de lumière étrange,
son excès, une surexposition,
un sfumato mais strident, de tons beige et ardent
jusqu’à la consomption du paysage
dans nos yeux meurtris.
On sait être ailleurs tout à coup,
dans des ruines encore fumantes qui se désagrègent,
dans l’écrasement partagé
d’une nature qui subit
tandis que nous passons.