03.04.2009
Mémoire contemplative
Disposer suppose un geste conscient d'organisation ; organiser et montrer tel que, mais parfois pourtant la disposition est aléatoire, hasardeuse, laissant entrevoir un ailleurs, des ailleurs (le ciel et la profondeur qui se cachent à peine), où j'imagine alors des dispositions, cependant qu'ailleurs n'est jamais ailleurs si j'y suis à déposer les petits grains de sable du sens, ailleurs est une autre disposition possible. Mais une de ces dispositions -visible, quoique hasardeuse - n'en est pas moins belle, parce qu'hasardeuse justement, c'est à dire que l'absence de geste conscient, donc de volonté de faire, voire d'ordonner le sens, allège l'esprit un précieux instant du souci de déchiffrer, pour une simple contemplation du monde :
J'imagine Mercure, ce pauvre Mercure messager des dieux qui serait tombé et dont les messages seraient éparpillés au sol, toutes les lettres renversées, se dissolvant ... mercure... défait. Et ma mémoire, connaisseuse, silencieusement, en cet instant précieux déjà s'est remise à l'ouvrage.

